Peindre m’a toujours semblé être quelque chose de naturel… un langage parmi d’autres, une façon de créer du beau, de s’exprimer, de donner à montrer ce qui ne peut se dire. Depuis mon enfance, je baigne dans la couleur : enfant je m’incrustais dans l’atelier de ma mère qui peignait méticuleusement des scènes naïves, et j’adorais l’odeur de la térébenthine…  Ma grand-mère était droguiste, et tenait un magasin à l’ancienne, où les peintres-décorateurs venaient s’approvisionner en pigments, liants, colle, brosses à peindre… Je passais des heures à explorer les tiroirs aux noms mystérieux comme “carnauba”, gomme laque”, “outremer”, “vermillon”…

 

 

Principalement autodidacte, et je peins depuis plus de 30 ans…

 

 

L’ inspiration naît dans les détails d’un paysage, les écorces, les champs en friche, la rouille sur les objets abandonnés, les peintures écaillées, le ciel enflammé qui se reflète dans l’eau. Je ne cherche jamais à copier la nature, mais devant la toile, je laisse venir à moi des envies de couleurs ou de matières, et entame alors le dialogue avec ce qui est en train de se produire sur le support. La qualité de la surface m’importe, les relations entre les couleurs, l’apparition de formes ou de marques dans la cire m’entraîne plus loin.

 

 

L’abstraction est mon choix, car c’est celle qui m’offre le plus de liberté. Je peux peindre sans avoir à préciser ou à argumenter sur le sujet, cela reste de l’ordre du privé et de l’émotionnel, ce qui n’empêche pas le spectateur d’y trouver des éléments qui le touchent. C’est pour moi une façon de partager ce que nous avons en commun… les traces, les formes que je laisse dans la matière du tableau ont probablement des origines dans l’inconscient collectif. Il suffit parfois de se brancher dessus pour y trouver des signes de reconnaissance…. Je pense que les humains possèdent un code universel sans même s’en douter. Quelques uns y ont accès, ceux-là ressentent mes toiles, se les approprient et s’en nourrissent. Le contact provoqué entre «le spectateur» qui regarde et découvre une image sans s’obstiner à comprendre ou à formaliser  et moi qui ai fabriqué cette image est au-delà des contingences de goût, de mode, de la pensée raisonnée. Certains n’y voient pas du tout la même chose que moi, leur imagination joue avec les couleurs et les formes peintes, la toile offre un éclairage sur lui-même, sur sa quête de tout autre chose, d’individualité et de liberté.

 

 

Après une formation d’enseignante en arts plastiques, j’ai développé mon propre style en autodidacte, cherchant dans les matières et les couleurs à évoquer le passage du temps, la mémoire des lieux. Ma rencontre avec l’encaustique, peinture à la cire d’abeille, marque un tournant dans ma pratique artistique : l’encaustique offre de multiples possibilités créatives et se prête à différents matériaux. Mon travail actuel est centré sur la sculpture, le modelage de l’argile. Les pièces cuites sont ensuite peintes.

 

 

Dans le livre « Peindre à l’encaustique » (Ed. Eyrolles) , j’ai compilé les informations essentielles pour se lancer dans la pratique de la peinture à la cire chaude. J’organise dans mon atelier de Romans (Drôme) des stages et formations pour les peintres amateurs et professionnels. J’anime un blog sur le sujet (www.couleursencaustique.com)